sxxjv PREFACE
des qu’il poftède dans la partie pratique de lamédecine. 11 obferve avec l’exactitude d’Hippo-crate les circonftances de la maladie & les effetsdes remedes , qu’il ne détermine ni ne cenfurepoint d’après l’adoption d’une hypothefe vague,mais d'après des oblervations fines & judicieu-lès. Jufqu’à préfent je n’ai trouvé nulle part plusde pénétration dans l’examen delà force déter-minée des remedes fïmples , un jugement plussûr fondé fur l’expérience ; nulle part je n’ai ren-contré un amour de la vérité plus fincere & plusdégagé de préjugés que dans les ouvrages decet homme admirable. On peut fans flatterie direde lui que ü , quanta la partie théorique de lamédecine, le monde envie dans ce llecle-ci ànotre patrie l’honneur de pofféder le grand Hal-ler , il ne l’illuflre pas moins quant à la partie,pratique. L 'Avis au Peuple eft un témoignageaufîi avantageux de fes lumières que des gran-des qualités de fon cœur ; à chaque ligne on yreconmoit le patriote zélé , fmcérement intérelfé.au falut & à la vie de fes concitoyens. 11 décou-vre avec une noble confiance des préjugés funefites à leur fanté ; & pour montrer qu’il Ta faitdans les vues les plus droites , éloigné de toutmotif d’intérêt & de jaloufie , il met, par une ex-plication très-claire de la nature des maladies &des remedes qu’elles exigent, fes Leéteurs à por-tée dcreconnoître & de voir eux-mêmes combiences préjugés font dangereux ; il les inlfruit en-fuite des remedes filutaires qui.doivent êtrefub-llitués à ceux qu’il rejette. Son ouvrage eft fi.complet à cet égard, que toute perfonne fenféepeut avecfortfecours être foi-même fon Médecinou du moins juger avec certitude de la capacitéde celui auquel il veut donner fa confiance. Onadmirera dans ce livre le véritable ami des hom-mes , 8c on reconnaîtra la nobleffe de fa façon.