xxxij PREFACE
de toutes les fortunes ? Auffi trouve-t-on toutà la fois parmi les plus grands Médecins lesplus grands modèles de vertu Sc de fagefîe.Le paflâge d’Hippocrate que nous venons deciter eft une preuve de la grandeur de l'on amejle ferment qu’il impofe à fes jeunes difciples ,par lequel ils s’engagent à la vie la plus fainte& la plus vertueule , ferment fi expreffif & ficoncis que dans les Académies chrétiennes ona cru devoir en éclaircir & en développer lefens, & mille autres endroits de fes ouvrages ,nous montrent dans le plus grand Médecin fa-mé la plus vertueufe & la plus pure. Je ne puisjamais lire fans attendriflement les dernières vo-lontés de notre grand Conrad Gefsncr, qu’il joi-gnit à un fidéiçommis pour les enfants de foralrere : entr’autres chofes il leur preferivit unfeftin annuel, duquel feroient exclus tous les mem-bres de la famille qui auroient vécu entr’euxdansquelque mélintelligence, s’ils ne s’étoient récon-ciliés auparavant ; il leur traça particuliérementle plan fur lequel ils dévoient diriger leurs foinsdans l’éducation des pauvres enfants ; il leur don-na des inftruciions fur les moyens de s’exciter àla crainte de Dieu , à l’étude , à l’aélivité , à laperfévérance, & leur recommanda de renouvel»1er entr’eux à chaque occafion l’engagement d’unamour & d’une union que rien ne pût altérer.J’admire dans ces difpofitions la grande ame decet homme immortel , également illuftre p it favafte érudition & par fon génie , & on voit quelsen ont été les heureux effets , foit dans l’ac-croiflèment confiant de cette excellente famillequi a toujours profpéré , foit dans les grandsgénies qui l’ont illuftrée, elle & leur patrie. Boer-haave , qui fut l’ornement & la gloire du genrehumain , pofféda dans un même degré de for-te toutes les fçiençes qui ont trait à la philol’o-