Druckschrift 
Tome Premiere (1766)
Entstehung
Seite
XXXI
Einzelbild herunterladen
 

DEM. HIRZEL. ^ xxxj

» phe l'état de Médecin les exige,- ïindifle-

» rente pour les richefles, lamour du travail , la« modcit'ie , lhumilité, lauilérité , le jugement,

» la paix de lame , laltàbilité , la pureté de» mœurs , le favoir , la religion, lincorruptibi-» lité , l'éloignement de toute fupcrfhtion, & la» grandeur & lélévation de l'ame , toutes ces» qualités font nécellàires pour triompher dan l'intempérance , de lignorance , de linlatia

» biüté , de la volupté & de la foifdesricheffes.

» Celt cette feience dont il a bdoin dans le» public comme dans le familier, qui doit lui>3 apprendre à fe conduire envers fes enfants &

» dans les diverfes conjonctures de la vie. Cell>3 delà que réfulte la liaifon intime & réelle de33 la médecine avec la philofophie. «

Cette affinité quelles ont entrelles tombe tel-lement fous les yeux , quà peine peut-on les en-vifager féparément lune de lautre. Nulle partun homme ne trouve doccafions plus fréquentesde sexercer à la fageffe que dans les fonctions duMédecin ; la connoiflance de lhomme fait afli-dument lobjet de fes méditations , & celt fefaire illufion que den exclure les connoiffancesdu Pfychologiîte & du Moralilte, lunion de lameavec le corps étant une des plus grandes four-ces des changements quil éprouve ; celt par cetteraifon que tous les fecours phyfiques tournentfouvent en pure perte , fi lon ne peut en mê-me -temps diriger vers fon but les affections delame. De plus, a-ton nullepart des occafions plusfavorables pour apprendre à cor.noître la conlti-tution morale de lhomme quauprès du lit desmalades & des mourants ; fera-t-on plus péné-tré , plus convaincu du prix de la fagefle & dela vertu , du néant & de la fragilité des bienstemporels que dans la fréquentation continuelledes malades de tous les âges , de tous les états,