Xxx PREFACE
Jade, autant Ton efprit eft vuide de connoiflancet.
A la vue de ces traits tracés d’après nature ,tout homme qui nef! pas entièrement dépourvude fens peut juger des qualités qu’il doit recher-cher dans le choix d’un Médecin ; lavoir ,un ju-gement exercé , de la droiture & l’amour de lésfemblablcs. Quand elles fe trouvent réunies dansune perfenne livrée par état & par choix à lamédecine , on en peut conclure avec certitudequ’elle pofTede également les qualités particulièresqui regardent Ion art ; & un homme judicieuxpeut avec fûreté placer en lui fa confiance, bienqu’on ne puiffe lur ces qualités généra'es formerun jugement exact qui fuppoferoit la connoiffanceentière de toutes les parties de la médecine. Si jevois dans un homme tous les talents qu’exigel’eiercice d une nrofeflïon , portés à un haut de-gré de perfeétion ; lï je fuis outre cela perfuadéde fa droiture & de Ion amour pour les hommes ,comment oferai-je douter qu’il n’emploie tous festalents dans celui des arts le plus important detous , qui a pour objet le bien le plus cher , la.fanté & h vie ? Si au contraire je trouve en lui ,hors même des fonctions de fon état, un jugementfoible , de 1 ignorance , de la préfomption , de lamauvaifefoi l’intérêt perfonnel , je peux en con-clure avecalTurance qu’avec de femblablcs défautsil réullira peu dans fon art, tout inconnu qu'il eflpour moi. Ceci prouve combien le caraftcre duphilofonhe s’accorde avec celui du vrai Médecin ,& montre la vérité de ces paroles de l’immortelHippocrate : » il faut, dit-il, * appliquer la phi-» lofophie à h médecine 8c lier la médecine à la» philofophie. Le Médecin philofophe cft fem-» blable aux Dieux : il n’y a entr’eux & lui au-j> çuue différence. Toutes les qualités du Philofo.-
* Hlppocrat. de ieceaii habitq. >