xxviij PREFACE
l’ont précédé ; delà vient que la chambte dumalade eft remplie d’une quantité monftrueuléde remcdes differents , marque certaine de l’éten-due des connoiffances du Médecin. Dans les rap-ports qu’il fait de l’état de la maladie, il fe réglétoujours fur l’inclination de celui qui le confultc ;il fait efpérer au malade jufqu’à Ion dernier fou-pir une guérifon parfaite ; il lui perfuade parrie vains difcours, mélés degrec &C delatin, qu'endépit de l’augmentation continuelle du mal &du dépériffement de fes forces, il fe trouve mieuxdu remede , & le malade n’ofe pas par honnê-teté le contredire après que ce langage lui a ététenu fi fouvent avec l’impudence la plus affurée ;d’une autre part il raffure un héritier impatientpar la funefte nouvelle de l’état dangereux danslequel fe trouve le malade malgré l’art & fesfoins ; il rend toujours des rapports entière-ment oppefés à différentes perfonnes , parceque de cette maniéré il eft affuré que l’infailli-bilité de fes prédiclions aura toujours quelques té-moins ; l’affeâion pour le malade troccupe ja-mais fon coeur , elle eft toujours chee lui pro-portionnée au falaire ; aulli n’appercevra-t-on ja-mais en lui , à la mort du malade , une vraietrifteffe, & le verra-t-on parlerdu défunt avec mé-pris & avec rtffentiment, s’il n’eft pas récompenféde fes foins comme il fefpéroit. Il vifite fans né-cefnté les riches lorfqu’il leurfurvient l’incommo-dité la plus légère ; & par un genre de flatteriequ’il s’eft appropriée , il exagere extraordinaire-ment leur indifpofition, & donne à des accidentsqui méritent à peine detre appelles maladies, lesnoms les plus redoutables ; auffilafottife des gensde cette cîaffe lui donne-t-elle occafion d’exaltercomme une chofe miraculeufe la cure la plus faci-le. Il abandonne au contraire le pauvre à fon fort,ic rarement fe donne-t-il feulement la peine de