D E M. H I R 7, E L. xxvijVînt qu’on l’entend employer des mots qui fe con-tredirent entièrement. Des qu’on parle d’un ma-lade , il propofe fon avis ; à peine a-t-il enten-du nommer la maladie qu’il offre un remede quia produit des effets merveilleux fur telle & telleperfonnediftinguée ; il faifït chaque occafiondes’introduire dans la maifon du malade , & pourlors il met à profit l’impatience naturelle de ce-lui-ci pour décréditer le Médecin qui le voit ;il tâche de gagner fa confiance par un verbiageconfus, accompagné d’un air important, & fem-blable à une piece de marquetterie par les diffé-rentes langues qu’il y fait entrer ; à la faveur defes difcours il cherche à lui faire délirer les re-medes qu’il lui propofe , remedes qui doiventtrès-fûrement le guérir en peu de temps , fa ma-ladie fût-elle la fuite naturelle de plufieurs cir-conffances liées enfemble depuis nombre d’an-nées ; il ne s’embarraffe point du régime, parcequ’on lui attribueroit une grande partie de laguérifon , & qu’il diminuerait par-là la confé-dération qu’on a pour le remeue. Comme fonbut eft moins de guérir le malade que de fe leconcilier, il ne le fatigue point en s’oppofant àfes défirs , ni ne le chagrine point en lui repro rchant que fa maladie eff le fruit d’une mauvaifeconduite: il le laiffe ainfi fe livreràtous fes pen-chants ; mais s’il en méiàrrive enfuite, il rejetteprudemment toute la faute fur le mauvais régime àl’égard duquel le malade n’a rien voulu fe laifîèrprefcrire ; dans le traitement de fon mal il attendtout de l’effet réuni des remedes & rien des mou-vements de la nature , à l’aide delquels les fymp-tomes même les moins ordinaires fe diflipent peuà peu quand le traitement eft détermine d’aprèsles principes de la maladie. Il donne pour cha-que fymptome un remede particulier, quand mê-me il devrait contrecarrer entièrement ceux qui
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