xxvj PREFACE
fi fiance , & il juge du mérite d’un homme parJes biens temporels (jue là prudence lui a acquis,il ne s’occupe que des moyens dé paraître grandMédecin , & s’inquiète peu de letre en effet ; ilne cherche point des guides qui le mènent parde longs chemins à la connoillànce de la naturehumaine, des maladies & des remedes ; qui exi-gent qu’on ait des idées claires des corps limplesavant de pouvoir acquérir quelques lumières furle corps humain le plus compliqué de tous ; illes fuit comme des gens minutieux qui s’atta-chent à des chofes inutiles , & fe livre à laconduite de ceux dont le train brillant, les ha-bits & l’équipage fomptueux annoncent lefavoir;qui par de prétendues guérifons miraculeufes fcfont acquis une grande renommée & une grandeaffluence de monde. Auprès des uns il cherche às’inflruire de l’art fecret par lequel ils fe fontélevés à ce point de grandeur ; auprès des au-tres à apprendre quelques termes de l’art qui peu-vent ferjir à donner plus de poids à les difcoursaux yeux du malade : il fait tous fes efforts pourdécouvrir chaque remede qui a eu quelque ré-putation ; & s’il n’en vient pas à bout, il tâcherade le contrefaire extérieurement , & le débiterapour le fecret vanté. Il refpeclera comme des tré-lors de fageffe le recueil de ce s famcufes recettes ,& s’embarrafîera peu de favoir dans quelles oc-cafionson doit les rejetter, ou dans quels cas dé-terminés des maladies on peut en attendre de bonseffets. Il vantera dans les fociétés l’habileté deceux dont il a appris fon art & la fienne pro-pre ; il en apportera pour preuves des témoi-gnages de gens de rang ou de confidération, deperlbnnes titrées ou remarquables par leurs ri-cheffes, Ses dilcours font parés de mots grecsîk Satins dont le choix lui coûte peu, pourvu qu’ilsi&knt jncpmpréhenfijjlîs : auiH ajriyy-.t-ü fou-