xx jv PREFACE
remedes qu’on lui prefcrit ; il ne cherchera poîrTà la captiver par l’énumération làftueufe de fescures,, dans laquelle le faux Médecin tait les re-medes qu’il a employés comme des fecrets degrand prix. Il établira le régime fur une con-noiffance exacle des principes du mal, & tâcherade gagner l’affeclion de fon malade , non par unelâche condefcendanee, maisparfafranchife & foningénuité;il l’encouragera & tranquillifera fon e£pritpar l’efpérance delà guérifon ; caria tranquil-lité de l’ame concourt beaucoup à aider les effortsde la nature & à chaUcr la maladie. Il n’ira ce-pendant pas jufqu’au point de lui cacher totale-ment le danger & de l’empêcher par là d’avoir foindu falut de fon ame ; il inffruira à chaque fois lesaffiliants du véritable état du malade tk leur dé-couvrira quel efl, fuivant fes lumières , le de-gré du danger. Dans fes fonctions il montre unzele égal pour les pauvres & pour les riches, Scproportionne le nombre de fes vif tes à l’exigencedes cas & non aux richeffes du malade ; il paraî-tra fouvent à ces derniers moins feigneux qu’ils-ne l’attendoient, parce qu’il emploie mieux fontemps, foità faire des vilites plus fréquentes à despauvres dangereufement malades, foit à augmen-ter fans celle fes connoiffances par un travail in-fatigable.. Quelque flatteufe que foit pour lui laconfiance de Ibn prochain , il ne s’empreffe ja-mais d’expofer , fans en être prié, fon fcntimencfur une maladie ; il dit qu’il ne peut porter au-cun jugement fans une perquifition exacte des cir-eonftances ; fà confcience ne lui permettra pasde blâmer les travaux des autres Médecins, mê-me les plus ignorants , s'il n’eft appellé à dire fenavis , parce qu’il eft convaincu que dans la flruc-ture mécanique de nos corps, Dieu a placé ennous des forces qui travaillent d’elles-mêmes à laguérifon des maladies, & qui ont befoin d’étre
entretenues