DE M. H I R Z E L. xxiij%ux leur bonheur, fouffrent trop s’ils ont l'amefenfible & onceux-mémes befoin de confo'ation ;les autres hommes fuient dans le malheur leurscamarades de divertiffement, femblàbles au feufolet qui fe dillipe aux cris du voyageur > ous'ils ont encore quelque compaflion , ils cher-chent à égayer le malade par des plaifanteries qui.lui font alors plus infupportables que les repro-ches les plus amers d’un ennemi: Combien doncett heureux celui qui rencontre des Médecins amisde l’humanité , qui penfent qu’il eft de leur étatd’aflifter les hommes dans ces conjonctures-, &ron-iéulement de leur adminiftrer des remedescapables de foulager leurs maux , mais encore,d’encourager & de rafîurer leur efprit ?
Le vrai Médecin fait de la vifite du maladefon occupation la plus chérie ; il étudie fon ca-ractère pour chercher les moyens de gagner (àconfiance, & lui rendre à la fois, s’il eft poflible,.la tranquillité & la fantc. On reconnoîtra aifé-ment fi fon intention eft fincere , car dans- lacompaflion l’ame fe peint toute entière fur le vi-fage de l'homme. Hors de la maifon du mala-de il montrera pour lui la même affection de lamême tendrefle. ; l’amitié pouflèra. dans fon cœurdes racines allez profondes pour fê manifefterdans toutes les occafions, lors même que fon ma-lade jouira de la fanté. Dans la recherche de la?maladie il a foin de s’informer exactement de tou-tes fes circonftances & de les comparer attenti-vement entr’elles ; il met par une explication clai-re lé malade lui-même à portée de juger com-bien il poflede à fond îa connoiflànce de fon état rconnoiflànce fur laquelle fera fondée le choix durégime & des remedes. Il tâche de lui donnerune idée diftincte de la façon dont ils agiflentfur les caufes de la maladie, afin d’exciter, enl’éclairant fur ces objets, fa confiance pour les