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Tome Premiere (1766)
Entstehung
Seite
XXII
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xxif PRÉFACE (

me fenfé peut diftinguer le vrai davec le faux

Médecin.

Platon dit, dans le premier livre de Républi-que:» nous appelions Médecin celui qui gué-» rit, & non-pas celui qui amaïïe des tréfors. «Je trouve dans ces paroles les caractères diltinc-tifs du vrai & du faux Médecin ; le premier nadautre deffein que dêtre utile à fon prochain,par la guérilon de fes maladies ; il aura choiftdans fa jeunefie cet état parce que lintérêt de fesfemblables le lui fait prélërcr à tout autre; une.eompaffion affedueufe pour la mifere communedes hommes remplit fon ame fenfiblê ; fon plusgrand plaifir eft de donner à l'indigent des fe-cours & de la confolation ; il recherchera les Mé-decins les plus habiles &c les plus remplis de droi-ture pour sinftruire de leur art ; il confacre toutibn tempsà la connoiffance de la nature humaine,à celle quelle fuppofe des propriétés généralesdes corps, &c des remedes épars dans les diffé-rents régnés de la nature ; en sexerçant aiüdu-ment à obferver, il forme fon efprit à lier eri-femble fes utiles obfervations près du chevet du.malade.

De tous les états qui concourent au bien de lafociété, aucun nefournit doccafions plusdréqucn-tes de fatisfaire une ame compatilfante que la mé-decine. Les maladies font un mal fi univerfel quau-cun homme nen eft exempt, & ceft alors or-dinairement que les voies delà confolation loncfermées , parce que les maux du corps portentatteinte à lame & ôtent le pouvoir de foulagerJe mal extérieurpar la confolation intérieure. Ainfttous les hommes ont befoin dans ces inftants defecours & daftiftance ; mais jamais ils nen trou-vent moins ; leurs meilleurs, leurs plus tendresamis , leurs alliés qui doivent partager avec