XX PREFACE
lions de l’ame, à pénétrer dans les myfteres de-là nature les plus fecrets, à rechercher les loixadmirables que fuiventpes changements des corps,pour jetter du jour fur la connoüfance de ceuxqu’éprouve le cSrps humain & fur l’influencedes caufes extérieures qui agilfcnt fur lui, afinde pouvoir par là découvrir les remedes qui dansl’état de maladie produifent en lui les change-ments néceflâires pour éloigner les caufes nail-làntes du mal. Là , muni de cette connoilfaneeacquife par un travail non-intcrrompu de nom-bre d’années, l’ami de l’humanité le dérobe àla focieté attrayante de fes amis, pour affilierde fes confeils, pour confoler fon frere malade& jouir dans l’heureux fucccs de fes travaux duplaifir d’avoir foulagé le malheureux ; il dévouea cet objet feul tous fes inllants : les heures dela nuit néceflâires au repos de fon corps ne fontpoint à fa difpofition , il- quitte le fommeil fansregret quand il peut, au prix de fa propre tran-quillité , procurer à l’indigent quelque foulage-ment ou par la douceur de fes confeils, ou parl’application des remedes qui lui font falutaires.
Il eft vrai qu’on peut m’objecler que chaqueMédecin fe vante de ces nobles fentiments , qu’ildit qu’il doit fon habileté à une application afli-due de pîufieurs années, tk qu’ilaconlàcré fa vieentière au fervice du Public. Cependant on voitjournellement combien on y e(l trompé & com-bien il eft difficile, s’il n’eft pas tout-à-fait im-polfible , d’apprécier le mérite d’un Médecin ,fur-tout quand on voit tellement régner parmieux la défunion & la jaloufie, qu'ils cherchentà fe décrier mutuellement. Les uns fe glorifientde leur (avoir & regardent les autres comme descharlatans&desempyriques quin’ontaucunesla-mieres pour décider de la nature des maladies &d’une cure fondée fur cette connoilfanee ; ceus-