DE L'AUTEUR. xiij.
La fécondé raifon , 8c feule elle feroit bienfuffÜ'ante , c’efl qu’il efl impoffible de mettrele traitement des maladies chroniques à laportée de gens qui ne font pas Médecins.Chaque maladie aiguë dépend le plusfouventd’une feule caufe , & le traitement en efl Am-ple 8c uniforme ; ainfi les fymptomes qui fontconncitre la maladie , font connoître fa caufe&. fon traitement ; mais il en efl tout autre-ment des maladies de langueur ; chacune peutdépendre d’un fi grand nombre de caufes, 8cc’eil la caufe qui doit décider le choix des re-medes, que lors même qu’on connoît nette-ment la maladie, on efl très-éloigné d’en con-noitre la caufe, 8c de pouvoir fe décider furle choix des remedes. C’efl cette connoif-fance des caufes qui exige néceflairement desperfonnes verfées dans l’étude 8c dans l’exer-cice de toutes les parties de la Médecine ,8càlaquelle il efl impoffible que des perfonnesqui l’ignorent parviennent jamais. D’ailleursleur complication, la variété desfymptomes, lesdifférents périodes de la maladie, la difficultédes dofes des remedes dont l’a&ivité rendroitdangereufes les plus petites erreurs , 8cc.font autant de difficultés qui rendent le trai-tement de ces maladies pénible pour les Mé-decins même les plus exercés, 8c impoffiblepour tous ceux qui ne le font pas.
La troifieme raifon , c’efl qu'en fuppofantmême qu’on pût rendre ces matières allezfimples pour être faifies par tout le monde ,elles exigeraient un ouvrage d’une longueurexceffive 8c difproportionnée aux facultés de