ŒUVRES DE HENRI HEINE.
sont éparpillées, avec tout leur parfum et leur délicieusefolâtrerie, dans quelques almanachs que M. Broclvhauspublie sous le nom d’Urania. Que M. Clément Brentanoait composé ses Lieder dans le même ton et dans lemême sentiment que M. Uhland, cela se comprend na-turellement. Ils ont puisé à la même source, aux chantspopulaires, et ils nous offrent la même boisson; seule-ment le vase, la forme est plus travaillée chezM. Uhland.Pour Adalbert de Chamisso, je ne devrais pas en parler.Quoique contemporain de l’école romantique, aux mou-vements de laquelle il a pris part, le cœur de cet hommes’est tellement rajeuni dans ces derniers temps, qu’il atrouvé des sujets tout modernes, qu’il s’est fait valoircomme un des poètes les plus originaux de notre temps,et qu’il appartient bien plus à la nouvelle qu’à la vieilleAllemagne. Mais dans les poésies de sa première ma-nière se joue le même souffle que nous respirons dansles poésies d’Uhland, le même ton, la même couleur, lemême parfum, la même mélancolie, la même larme.Les larmes de Chamisso sont peut-être plus touchantes,parce qu’elles jaillissent d’un cœur plus fort, comme unesource qui sort d’un rocher.
Les poésies que M. Uhland a composées dans les mè-tres méridionaux sont aussi les sœurs des sonnets, desassonnances, des oitavérime de ses confrères de l’écoleromantique, et il est impossible de les en distinguer quantà la forme et au fond. Mais, comme je l’ai dit, la plu-part de ses contemporains tombèrent dans l’oubli. Nous