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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

public moderne. Et dans le fait, quand on regarde deprès les femmes de M. Uhland, ce ne sont que de bellesombres, un clair de lune incarné, ayant du lait dans lesveines et dans les yeux de douces larmes, c’est-à-diredes larmes sans sel. Si l’on compare les chevaliersd’Uhland avec ceux des vieux chants, on voit qu’ils neconsistent qu’en armures de fer-blanc remplies de fleursau lieu d’os et de chair. Les chevaliers d’Uhland ontainsi un parfum bien plus sentimental pour les nez déli-cats de nos jours que les anciens preux de la Germanie,qui portaient des culottes de véritable fer épais, man-geaient beaucoup et buvaient davantage.

Mais tout cela n’est pas un reproche. M. Uhland n’ajamais voulu faire passer sous nos yeux la véritableAllemagne d’autrefois; il n’a peut-être voulu nouscharmer que par une reproduction aussi superficiellequ’inoflsnsive, et il laisse toutes ces douces images serefléter paisiblement dans le mirage crépusculaire ettendre de son esprit. Gela donne encore à ses poésies uncharme particulier, et lui a peut-être valu l’affection debien des hommes d’un tempérament doux et bon. Lestableaux du passé exercent leur charme, quelque déco-lorée que soit la peinture; même les hommes qui ontpris parti pour la vie positive, conservent toujours desecrètes sympathies pour la légende des anciens jours.Ces voix qui viennent à nous comme des chants d’espritsnous émeuvent singulièrement, même par leur plusfaible écho. Et l’on comprendra facilement que les bal-