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DE L'ALLEMAGNE. 361
parfum, doux comme celui des violettes, vous pénètrele cœur avec plus d’intimité que de force. Ce drame ouplutôt cette poésie a des passages qui comptent parmiles perles de notre littérature. Mais le public des théâtresa accueilli ce drame avec indifférence, ou plutôt il l’amis de côté. Je n’en veux pas blâmer trop amèrement lesbonnes gens du parterre. Ils ont certains besoins, et ilsen demandent la satisfaction au poète. Les productionsd’un auteur ne doivent pas répondre aux sympathies deson propre cœur, mais bien aux exigences du public. Cedernier ressemble tout à fait à ce bédouin affamé qui, aumilieu du désert, croit avoir trouvé un sac rempli de pois,et qui l’ouvre précipitamment ; mais hélas ! ce ne sontque des perles. Le public dévore avec volupté les poissecs de M. Raupach et les fèves de madame Bircli-Pfeifer. Il n’a pas de goût pour les perles d’Uldand.
Comme il est très-vraisemblable que les Françaisignorent ce que c’est que madame Birch-Pfeifer etM. Raupach, je dois les prévenir que ces deux auteursforment un couple divin, comme Diane et Apollon, etsont les dieux les plus vénérés dans nos temples de l’artdramatique. Oui, M. Raupach est aussi digne d’êtrecomparé à Apollon que la grosse et débraillée madameBirch-Pfeifer peut prétendre au titre de Diane. Quant àsa position sociale, cette Phœbé tudesque est comédienneau théâtre impérial de Vienne, et Phœbus-Raupach oc-cupe à Berlin l’emploi de poète du théâtre de S. M. leroi de Prusse. La première a déjà écrit une quantité de
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