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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
gen, s’élève majestueusement sur son berceau, et ledébut du roman de Novalis nous montre son héros àEisenach, dans la maison paternelle. Les vieux parentssont déjà couchés, et dorment; l’horloge rustique faitentendre son tic-tac monotone ; le vent siffle à traversles petites fenêtres rondes, et la chambre s’éclaire detemps en temps des rayons de la lune.
« Le jeune homme s’agitait péniblement sur sacouche, songeant à l’étranger et à ses récits. Ce ne sontpas ses trésors qui ont éveillé dans mon âme de si ar-dents désirs, se disait-il; loin de moi l’avidité et l’ava-rice ! mais je brûle de voir cette fleur d’azur dont il m’aparlé. Elle occupe sans relâche toute ma pensée, et jene puis rêver à autre chose. Jamais je n’éprouvai unesemblable sensation; il me semble que jusqu’à ce jourma vie ait été un rêve, et que je me sois endormi dansun autre monde, et qu’à cette heure je me réveille.Dans le monde où je vis d’ordinaire, qui se serait oc-cupé d’une fleur? qui a jamais entendu dire qu’une fleurait inspiré une si vive passion? »
Henri de Ofterdingen débute par ces paroles, et danstout ce roman respire le parfum et brille l’éclat de lafleur d’azur. II est singulièrement remarquable que lespersonnages les plus fabuleux de ce livre aient pournous un air de connaissance et de parenté; il sembleque nous les ayons vus ailleurs, et qu’ils aient vécufamilièrement avec nous en des temps reculés. On sentse réveiller de vieux souvenirs; Sophie elle-même porte