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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

gen, sélève majestueusement sur son berceau, et ledébut du roman de Novalis nous montre son héros àEisenach, dans la maison paternelle. Les vieux parentssont déjà couchés, et dorment; lhorloge rustique faitentendre son tic-tac monotone ; le vent siffle à traversles petites fenêtres rondes, et la chambre séclaire detemps en temps des rayons de la lune.

« Le jeune homme sagitait péniblement sur sacouche, songeant à létranger et à ses récits. Ce ne sontpas ses trésors qui ont éveillé dans mon âme de si ar-dents désirs, se disait-il; loin de moi lavidité et lava-rice ! mais je brûle de voir cette fleur dazur dont il maparlé. Elle occupe sans relâche toute ma pensée, et jene puis rêver à autre chose. Jamais je néprouvai unesemblable sensation; il me semble que jusquà ce jourma vie ait été un rêve, et que je me sois endormi dansun autre monde, et quà cette heure je me réveille.Dans le monde je vis dordinaire, qui se serait oc-cupé dune fleur? qui a jamais entendu dire quune fleurait inspiré une si vive passion? »

Henri de Ofterdingen débute par ces paroles, et danstout ce roman respire le parfum et brille léclat de lafleur dazur. II est singulièrement remarquable que lespersonnages les plus fabuleux de ce livre aient pournous un air de connaissance et de parenté; il sembleque nous les ayons vus ailleurs, et quils aient vécufamilièrement avec nous en des temps reculés. On sentse réveiller de vieux souvenirs; Sophie elle-même porte