de l’ai.lemagne.
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français qui gisent enterrés aux Pyramides, à Marengo,à Austerlitz, à Iéna, à Moscou, avaient entendu les versde Racine, et leur empereur les avait écoutés de labouche de Talma. Qui sait combien de quintaux derenommée reviennent à Racine sur la colonne de la placeVendôme? Euripide est-il un plus grand poëte queRacine? c’est ce que j’ignore ; mais je sais que ce der-nier fut une source vivante d’enthousiasme, qu’il a en-flammé le courage par le feu de l’amour, et qu’il aenivré, ravi et ennobli tout un peuple. Qu’exigez-vousde plus d’un poëte? Nous sommes tous mortels; nousdescendons dans le tombeau, et nous laissons derrièrenous notre parole; et quand cette parole a rempli samission, alors elle retourne dans le sein de Dieu, cerefuge de toutes les paroles de poëte, cette patrie detoutes les harmonies.
Si M. Schlegel s’était borné à dire que la mission dela parole de Racine était accomplie, et que le temps quis’avançait toujours exigeait d’autres poëtes, ses attaquesauraient eu quelque base ; mais elles se trouvèrent sansfondement lorsqu’il voulut démontrer la faiblesse deRacine en le comparant à des poëtes plus anciens. Non-seulement M. Pchlegel n’a rien deviné de la grâce infi-nie, de la douce finesse, du charme profond qu’il y adans cette pensée de Racine qui a revêtu de costumesantiques ses héros français modernes, mêlant ainsi àl’intérêt des passions modernes l’intérêt d’une piquantemascarade, mais il a encore été assez gauche pour pren-