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1 (1863)
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ŒUVRES DE HEN11I HEINE.

est propre encore aux dieux éternels, surtout au pèredes dieux, au grand Jupiter, à qui jai déjà comparéGoethe. Vraiment, lorsque je le visitai à Weimar, tan-dis que je me trouvais en face de lui, je regardais furti-vement de côté pour voir si laigle, avec la foudre aubec, nétait pas près de lui. Jétais sur le point de luiparler grec ; mais comme je remarquai quil compre-nait lallemand, je lui dis, dans cetto langue, que lesprunes des arbres entre Iéna et Weimar avaient très-bon goût. Javais réfléchi pendant bien des nuits dhiverà ce que je dirais délevé et de sublime à Goethe lors-quun jour je le verrais ; et lorsque je le vis je neus rienautre chose à lui dire, smon que les prunes de Saxesont bonnes ! Et Goethe se mit à sourire : il souriait avecces mêmes lèvres avec lesquelles il avait baisé jadis labelle Léda, Europe, Danaé Sémélé et maintes autresprincesses ou simples nymphes.

Les dieux sen vont; Goethe est mort. Il mourut le22 du mois de mars de lannée 1832, cette année signi-ficative notre terre a perdu ses plus grandes illustra-tions. On dirait que, dans cette année, la mort est deve-nue tout à coup aristocrate, et quelle a voulu distinguerles notabilités de la terre en les envoyant à la fois autombeau. Peut-être a-t-elle voulu fonder une pairie-bas, dans le royaume des ombres ; et, dans ce cas, safournée aurait été très-bien choisie : ou, au contraire,la mort aurait-elle voulu favoriser la démocratie dans