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ŒUVllES DE H EN Kl HEINE.
seulement gonflé et imprégné de Dieu, il est identiqueavec Dieu. Dieu, que Spinosa nomme la substance uni-que, et les philosophes allemands l’absolu, « est tout cequi est, » il est la matière autant que l’esprit; tous lesdeux sont également divins, et quiconque insulte la ma-tière sainte est impie autant que celui qui pèche contrele Saint-Esprit.
Le Dieu des panthéistes se distingue donc de celui desdéistes en ce qu’il est dans le monde même, pendantque celui-ci est en dehors, ou, ce qui revient au même,est au-dessus du monde. Le Dieu des déistes gouvernele monde de haut en bas comme un établissement sé-paré de chez lui; ce n’est que sur le mode de ce gouver-nement que les déistes se divisent entre eux. Les Hé-breux se représentent Dieu comme un tyran armé d’untonnerre; les chrétiens, comme un père rempli d’amour;les élèves de Rousseau et toute l’écolè genevoise en fontun artiste habile qui a fabriqué le monde à peu prèscomme leurs pères confectionnent leurs montres; et enqualité de connaisseurs, ils admirent l’ouvrage et glori-fient le maître qui est là-haut.
Pour le déiste, qui admet un Dieu extra-mondain ousuper-mondain, il n’y a de saint que l’esprit, parce qu’ille considère, pour ainsi dire, comme le souffle divin quele créateur du monde a inspiré au corps humain, ou-vrage de ses mains, pétri de limon. Les Juifs regardaienten conséquence le corps comme quelque chose de mé-prisable, comme la misérable enveloppe du rouach, du