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1 (1863)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE,

Dans une lettre à madame Du Deffant, Voltaire semontre tout charmé d’une idée de cette dame qui avaitdit que toutes les choses que l’homme ne peut connaîtresont sûrement de telle nature, qu’il ne lui servirait abso-lument à rien de les connaître. Je pourrais appliquercette remarque à ce passage de Spinosa, que j’ai citéplus haut, et d’après lequel appartiendraient à la divi-nité, non-seulement les deux attributs reconnaissablesde pensée et d’étendue, mais encore d’autres attri-buts que nous ne pouvons connaître. Ce que nous nepouvons pas connaître n’a aucun prix pour nous, dumoins sous le point de vue social où il s’agit de réali-ser en fait sensible ce qui a été reconnu dans l’idée.Dans notre explication de la nature de Dieu, nous n’a-vons donc égard qu’à ces deux attributs reconnaissables.Et d’ailleurs tout ce que nous nommons attributs deDieu n’est àla fin qu’une forme différente de notre facultéde concevoir, et ces formes différentes sont identiquesdans la substance absolue. La pensée n’est à la fin quel’étendue invisible, et l’étendue n’est que la pensée visi-ble. Nous nous rencontrons ici avec la partie essentiellede la philosophie allemande de l’identité, qui ne diffèreau fond nullement de celle de Spinosa. M. J. Schellingaura beau se débattre pour prouver que sa philosophieest autre que le spinosisme, qu’elle est bien plus unamalgame vivant de l’idéal et du réel, qu’elle s’éloi-gne du spinosisme comme la perfection des statues grec-ques s’éloigne de la raideur des originaux égyptiens; je