de l’allemagne.
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0 Vénus, ma belle déesse,
Vous êtes une diablesse 1
Ce Tanhauser, Vénus l’avait entraîné dans ce lieumerveilleux qu’on nommait la montagne de Vénus, où' la belle déesse et ses nymphes menaient, au milieu desjeux et des danses, la vie la plus dissolue. Diane elle-j même, en dépit de sa chasteté, était accusée de courirles bois dans la nuit avec ses nymphes; de là les légendesdu Féroce chasseur et de la Chasse nocturne. Ici semontre tout à fait le point de vue gnostique de la dété-rioration des choses divines, et l’idée du christianismese révèle de la manière la plus sensible dans cette trans-formation de l’antique culte national.
La foi nationale en Europe, mais plus au nord qu’ausud, était panthéiste. Ses mystères et ses symboles repo-saient sur un culte de la nature ; dans chaque élémenton adorait un être merveilleux ; dans chaque arbre res-pirait une divinité; toutes les apparitions du mondesensible étaient divinisées. Le christianisme retournacette manière de voir; au lieu de diviniser la nature, illa diabolisa. Mais les riantes images de la mythologiegrecque, inventées par les artistes, et qui régnaient avecla civilisation dans le midi, n’étaient pas aussi faciles àchanger en masques sataniques que les dieux de la Ger-manie, à la création desquels nulle pensée artiste n’avaitprésidé, et qui étaient déjà aussi chagrins que le nordmême. Ainsi, en France, on ne put créer un empire du