entouré d’une pourpre de sang, le baiser de Melpomènesur les lèvres, forme le contraste le plus écrasant aveccette figure puritaine animée d’une vie grossièrementrobuste. Le contraste est encore tranché d’une ma-nière bien remarquable entre les vêtements de celui-ciet les dernières marques de splendeur de la majestétombée, le riche coussin de soie dans le cercueil etl’élégance d’une éblouissante chemise garnie de pointde Brabant, dont on a revêtu le cadavre.
Quelle grande, quelle universelle douleur le peintrea exprimée ici en peu de traits ! Elle est étendue là,misérablement sanglante, cette splendeur de la royauté,autrefois la consolation et l’ornement du genre humain.La vie de T Angleterre est depuis ce temps devenue terneet décolorée, et la poésie a fui avec effroi cette terrequ’elle avait parée des plus riantes couleurs. Que j e l’aisenti profondément quand je suis passé à minuit devantla fenêtre fatale de Whitehall, et que la prose froide-ment humide de l’Angleterre d’aujourd’hui glaçaittous mes sens ! Mais pourquoi mon âme n’a-t-elle pasété émue des mêmes sentiments lorsque je traversainaguère pour la première fois la terrible -place oùLouis XVI fut mis à mort? Je crois que c’est parceque celui-ci, lorsqu’il mourut, n’était plus roi et qu’il