SALON DE 1851
Le salon de 1831 vient d’être fermé après que lestableaux y ont été exposés depuis le commencementde mai. On ne leur a guère donné en général que desregards distraits : les esprits étaient préoccupés ailleurset par les soucis de la politique. Pour moi, qui visi-tais à cette époque pour la première fois la capitale,sollicité que j’étais par une foule d’impressions nou-velles, j’ai, beaucoup moins encore que les autres,pu parcourir avec le calme d’esprit nécessaire lessalles du Louvre. Là restaient rangés à côté les uns desautres, au nombre d’environ trois mille, ces tableaux,pauvres malheureux enfans de l’art, auxquels la foulene jetait que l’aumône d’un coup d’œil indilférent.En vain semblaient-ils mendier, avec une douleurmuette, un peu de sympathie, quelque accueil dans un^ petit coin du cœur : les cœurs étaient pleins de sen-timents personnels, leur propre famille. Il n’y avait