VII
Paris, 12 mai 1832.
II me faut ajourner les considérations rétrogradesque j’avais annoncées dans l’article précédent. Leprésent s’est emparé de nous d’une façon si âprequ’on peut moins s’occuper du passé. Le grand maluniversel, le choléra, disparait, il est vrai, peu àpeu ; mais il laisse après lui beaucoup de tristesse etd’affliction. Le soleil reprend un éclat assez joyeux;les hommes recommencent avec quelque air de bon-heur à se promener, à jaser et à rire; mais les nom-breux vêtements de deuil qu’on aperçoit de toutesparts ne permettent pas encore à la véritable sérénitéde s’établir dans l’âme. Une sensibilité valétudinaireparaît dominer aujourd’hui chez tout ce peuple,comme il arrive chez les gens qui ont passé par unemaladie grave. Ce n’est pas seulement sur le gouver-nement, mais bien aussi sur l’opposition que s’étend