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ŒUVRES DE IIENUI HEINE.
rapiécés et d’étoffe grossière. La couverture de lainejaunie et l’ameublement, c’est-ît-dire l’absence de tousmeubles, annoncent une grande indigence. Ce sujetest traité d’une manière qui y répond tout à fait et rap-pelle les tableaux de mendiants de Murillo. Des ombresfortement tranchées, des touches puissantes, fermeset sérieuses, des couleurs peu fondues, mais appli-quées par une main calme et hardie, des tons éteints,sans rien de terne cependant, donnent à ce morceauun caractère que Shakspeare a désigné par les mots :The modesty of nature. Entouré de tableaux brillantsavec leurs cadres splendides, ce tableau a dû sur-prendre d’autant plus que le cadre en était vieux et ladorure noircie, tout à fait d’accord avec le sujet et avecla manière de l’artiste. Ainsi, conséquente dans tonsles détails de son ensemble et contrastant avec sonentourage, cette production faisait une impression mé-lancolique et profonde sur le spectateur et remplissaitl’âme de cette inexprimable compassion qui noussaisit, quand, sortant d’un salon étincelant de lumièreet de bonne humeur, nous entrons tout d’un coup dansune rue obscure et qu’une pauvre créature déguenilléenous implore au nom du froid et de la faim. Ce tableaudit beaucoup avec peu de moyens et nous fait penser