338
ŒUVRES DE HENRI HEINE.
et de noirs cheveux tombent et encadrent leurs visagesbrunis. On n’en voit que trois, mais ils sont admira-blement peints. On peut faire le même éloge descapucins, dont on ne voit que les tètes ou plutôt lesnuques courbées et surmontées d’une large tonsure.Mais l'insignifiance vaporeuse du personnage princi-pal et la saillie vigoureuse des figures accessoires sontun défaut dans ce tableau. La facilité de pose et lecoloris avec lesquels ceux-ci sont rendus, m’ont rap-pelé Paul Véronèse. Mais il y manque la magie véni-tienne, celte poésie de la couleur, qui, ainsi que l’éclatdes lagunes, n’est que superficie, et cependant émeutl’âme d’une manière si merveilleuse.
Une conception hardie et le mérite de la couleuront conquis aussi de nombreux suffrages à un troi-sième tableau d’Horace Yernet, qui représente l’ar-restation des princes de Condé, de Conti et de Longue-ville. Le lieu de la scène est l’escalier du Palais-Royalau moment où les personnages arrêtés descendentaprès avoir, sur l’ordre d’Anne d’Autriche, remisleurs épées. Cette disposition a donné au peintre lafacilité de conserver chaque personnage isolé et avecses contours complets. Condé est le premier devantle spectateur, sur la marche la plus basse. Il caresse