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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
la belle jeune femme à la taille élancée, brillant detout l’éclat de sa beauté. Un vêtement violet, noué àla hâte autour des hanches, descend jusqu’à ses pieds.Le liaul, du corps est couvert d’une robe de dessousd’un jaune pâle, dont la manche, tombant sur le brasdroit, est relevée avec une sorte de geste de boucher,mais d’une grâce enchanteresse, par la main gauche,car la droite tient le glaive recourbé qui menace IIo-lopherne endormi. La voilà, cette ravissante créature,hier encore, vierge, pure devant Dieu, souillée devantle monde, hostie profanée. Sa tête est délicieusementattrayante et d’un charme étrange : ses cheveux noirssemblables à de petits serpents qui se redressent en seroulant, lui donnent une grâce effrayante. Le visageest légèrement ombré, une douce férocité, une ten-dresse sombre, un courroux sentimental percent toutà la fois dans les traits de cette beauté meurtrière. Sonœil surtout étincelle de divine cruauté et de la joie dela vengeance; car elle a aussi son injure à elle, laprofanation de son beau corps, à venger sur l’affreuxpaïen. Celui-ci n’est pas en effet très-attrayant, mais ilparaît bon enfant au fond. Il dort avec tant de com-plaisance dans l’engourdissement de béatitude quisuit sa félicité! Il ronde peut-être; ou, comme dit