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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
ce qui lui a donné l’occasion de déployer plus de luxede costumes et surtout un coloris plus romantique.L’armée des croisés passe, et la pauvre Léonore n’y apas vu son bien-aimé. Il règne dans tout ce tableauune mélancolie douce et presque sereine, et rien nefait prévoir l'horrible apparition de la nuit prochaine.Mais je crois justement que le peintre ayant transportécette scène dans une époque de foi pieuse et de ca-tholicisme, Léonore, veuve de son fiancé, ne blasphé-mera pas la divinité, et le cavalier trépassé ne viendrapas l’enlever. La Léonore de Bürger vit dans une pé-riode de protestantisme et d’examen critique, et sonamant est parti pendant la guerre de sept ans pourconquérir un morceau de la Silésie au profit de l’amide Voltaire. Alors il y avait du doute et des blas-phèmes. La Léonore de Scheffer vit au contraire à uneépoque toute catholique, où les hommes se cousaientune croix rouge sur l’habit, puis, animés d’une penséereligieuse, guerriers pèlerins, s’en allaient par cen-taines de mille en Orient pour y conquérir un tombeau.Étrange époque! étrange délire! Mais, après tout, nesommes-nous pas tous, tant que nous sommes, deschevaliers croisés, qui, avec tous nos pénibles combats,ne conquérons à la fin qu’un tombeau ? C’est cette