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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
forme du moyen âge, près d’une table couverte delivres en parchemin, sur laquelle s’appuie son brasgauche, qui soutient sa tète découverte. Le bras droit,avec la main ouverte, tombe le long de sa hanche.L’habillement, couleurde savon bleu verdâtre ; la'figuro,presque de profil, pâle, ombres couleur de tabac:les traits en sont d’une noblesse sévère. Malgré cetteteinte fausse ot maladive, ces joues creuses et ces lèvresfanées, cette destruction imprimée partout, ce visageconserve encore les traces de sa beauté antérieure ;les yeux y répandent leur lumière tristement affec-tueuse : on dirait d’une belle ruine éclairée par la lune.
Oui cet homme est une belle ruine humaine : dansles plis au-dessus de ces sourcils éteints couvent leshiboux à la science occulte, et derrière ce front setiennent aux aguets de méchants esprits. A minuit s’youvrent les tombes des désirs morts; de pâles ombresen sortent, et, dans les sombres cellules du cerveau ,se glisse, échevelé, l’esprit de Marguerite. Tel est lemérite du peintre, qu’il n’a placé sur la toile que latète d’un homme et que le seul aspect nous révèleles sentiments et les pensées qui agitent le cerveau etle cœur de cet homme. On reconnaît dans le fond, àpeine visible, sous une couleur verte, mais d’un vert