DE LA FRANCE. 327
leures productions de Robert et de Delaroche n’ont étéexposées que plus tard. Cependant celui qui n’a jamaisrien vu de Schcffer est sur-le-champ frappé par samanière, qui se prononce surtout dans la couleur. Sesennemis prétendent qu’il ne peint qu’avec du tabac etdu savon vert. J’ignore jusqu’à quel point ils lui fonttort en cela. Ses ombres brunâtres sont assez souventaffectées et ne reproduisent pas l’effet de lumière à laRembrandt qu’il avait en vue. Ses figures ont presquetoutes cette teinte fatale qui a pu maintes fois nousfaire horreur de notre propre visage, quand nousl’avons aperçu, fatigué de veille et de mauvaise hu-meur , dans ces miroirs verdâtres que nous offrent lesvieilles auberges où la diligence s’arrête le matin. Maissi l’on observe les tableaux de Scheffer de plus près etplus à loisir, on se réconcilie avec ce faire: l’ensemblede son travail vous apparaît avec toute sa poésie, etl’on voit un sentiment chaud percer ces teintes som-bres et briller comme le soleil quand ses rayons bri-sent les Ilots de brouillard. Aussi cette peinturedélayée et brossée d’une manière chagrine, cette cou-leur d’épuisement, ces contours vagues et indécis sont-ils d’un puissant effet dans les tableaux de Faust et deMarguerite. Faust est assis dans un fauteuil rouge,