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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
cela va sans dire, une femme mariée, épouse du gou-verneur de la- Bastille, et s’enfuyait avec un prisonnierd’État. J’y ai vu aussi une bonne comédie intitulée :Mariez-vous donc, qui avait pour sujet les infortunesconjugales d’un homme qui n’avait pas voulu faire unmariage de convenance dans la bonne société et s’étaitmarié avec une belle fille du peuple. L’épousée prenaitson cousin pour amant; la belle-mère, avec celui-ci etla femme adultère, formait l’opposition domestiquecontre le mari, que le luxe et le désordre de tout cemonde plongeait dans la, misère. Pour gagner le pain desa famille, le pauvre diable était à la fin obligé d’ou-vrir, à la barrière, guinguette et bal pour la canaille.Quand un quadrille n’était pas complet, il faisait danserson fils, âgé de sept ans, et l’enfant savait déjà varierses pas avec la pantomime la plus libertine de la cha-hut. C’est dans cet état que le rencontrait un ami; etle malheureux, son violon à la main, tout en raclant,sautant et criant les figures, saisissait de temps à autreune pause, pendant laquelle il racontait au survenantses tribulations conjugales. Rien de plus attristant cpiele contraste entre ce récit et l’occupation du conteur,souvent obligé de couper sa complainte par un avant-deux ou un cliassez-croisez. La musique de contre-