-312 ŒUVRES DE HENRI HEINE.
est le ton affecté de la tirade : la nôtre est pur men-songe. 11 existe au théâtre une pleurnicherie de tradi-tion qui m’a souvent gâté les plus belles pièces deSchiller, surtout dans les passages à sentiment, où nosactrices se fondent dans un ramage touchant. Il nefaut cependant pas dire de mal des actrices allemandes,car elles sont mes compatriotes,'et puis les oies ontsauvé le Capitole, et puis il existe parmi elles tant defemmes bien rangées, et enfin.... je suis interrompupar le tapage infernal qui se fait dans le cimetière,sous ma fenêtre.
. Le vieil Adam, ou plutôt le vieux Caïn , s’est
réveillé chez les jeunes garçons qui sautaient tout àl’heure encore si pacifiquement autour du grand arbreet ils ont commencé à se chamailler. J’ai été contraint,pour rétablir l’ordre, d’aller les trouver, et c’est àpeine si j’ai pu les apaiser avec des paroles. Il y enavait un jeune qui frappait, avec une fureur toute par-ticulière, sur le dos d’un autre petit. Et, comme je luidemandais ce qu’avait fait le pauvre enfant, il meregarda avec de grands yeux et balbutia : « Eh bien !c’est mon frère. »
Ce n’est pas non plus dans ma maison que fleuritaujourd’hui la paix éternelle. J’entends dans le corridor