DE LA FRANCE.
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triotisme les porte à abuser de la scène dans un butpolitique, et ils jouent à dessein les rois si mal, qu’ilsrendent la royauté ridicule, sinon haïssable. Ilspoussent indirectement au républicanisme, commecela arrive surtout à Hambourg, où les rois sont repré-sentés de la façon la plus détestable. Si le très-sagesénat de cette ville n’était pas ingrat comme l’ont tou-jours été les gouvernements républicains, Athènes,Rome, Florence, la république de Hambourg devraitériger pour ses acteurs un- grand Panthéon, aveccette inscription : Aux mauvais comédiens la patriereconnaissante !
Mais, pour ne pas être injuste, nous devons avouerque c’est surtout la faute de la langue allemande si ledébit est plus mauvais sur notre théâtre que chez lesAnglais et chez les Français. La langue des premiersest un dialecte, celle des seconds est un produit de lasociété; la nôtre n’est rien de tout cela, et manqueautant de naïveté intime que de grâce coulante. Cen’est qu’une langue à imprimer, une fabrication creusede nos écrivains, que nous tirons de la foire deLeipsick, par le commerce de la librairie. La décla-mation des Anglais est l’exagération de la nature : lanôtre est contre nature. La déclamation des Français