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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
SEPTIÈME LETTRE.
Je n’ai point, comme vous savez, mon cher Le-wald, l’habitude de débiter à mon aise des phrasessonores sur le jeu des comédiens, ou, comme disentchez vous les gens de bon air, sur les manifestationsdes artistes. Mais Edmond Kean, dont j’ai parlé dansma dernière lettre et sur qui je reviens encore unefois, n’était pas un vulgaire héros de coulisses, et, jevous l’avoue, lors de mon dernier voyage en Angleterre,je n’ai point dédaigné de consigner sur mon journal,après une critique des coryphées du parlement, mesobservations fugitives sur chacune des représentationsde Kean. Malheureusement ce journal s’est perduavec beaucoup d’autres de mes meilleurs papiers. Ilme semble pourtant que vous en aurez lu à Wands-beck quelque chose sur le jeu de Kean dans Shylock.Le Juif de Venise était le premier de ces rôles hé-roïques que je lui vis jouer. Je dis héroïque, car il nele concevait pas comme un vieil homme cassé, commeune sorte de Shewa de la haine, ainsi que le faisaitnotre Devrient, mais comme un vrai héros. Je le voistoujours habillé d’une roquelaure de soie noire sans