DE LA FRANCE.
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qui n’ont qu’une faculté; mais, dans cette faculté uni-que, extraordinaire, dominant tout ce qui les entoure,pleins d’une puissance illimitée, indéfinissable, ignoréed’eux-mêmes, infernalement divine, que nous appe-lons das dœmonische. Cette puissance se rencontreplus ou moins chez tous les hommes grands par l’ac-tion ou par la parole. Kean n’était nullement unacteur universel. Tl est vrai qu’il pouvait jouer beau-coup de rôles différents ; mais dans ces rôles c’étaittoujours lui-même qu’il jouait. Aussi nous offrait-ilune vérité frappante, et quoique dix ans se soientécoulés depuis que je le vis, il est toujours présent àma mémoire dans les rôles de Shylock, d’Othello, deRichard, de Macbeth. Beaucoup de passages obscursde ces drames de Shakspeare m’ont été complète-ment expliqués par la puissance révélatrice de sonjeu. Il y avait dans sa voix des modulations qui racon-taient toute une existence de terreur, dans ses yeuxdes éclairs qui illuminaient les sombres profondeursd’une âme titanique, et dans les mouvements de lamain, du pied, de la tête, des soudainetés qui endisaient plus qu’un commentaire en quatre volumesde M. Franz Horn.