PE LA FRANCE.
297
en exubérances de mauvais goût, comme Grabbe etJean-Paul. II n’a pas la belle mesure que nous admi-rons chez les écrivains classiques. Sa muse, en dépitde sa magnificence, est empêchée par une certainemaladresse allemande. Je pourrais dire de sa musece qu’on dit des belle-s Anglaises : elle a deux mainsgauches.
Alexandre Dumas n’est pas aussi poète que VictorHugo, tant s’en faut; mais il a des qualités avec les-quelles il peut réussir bien plus que lui au théâtre. Ildispose de cette expression immédiate de la passionque les Français appellent verve, et sous beaucoup derapports il est plus français que Hugo. Il sympathiseavec toutes les vertus, avec tous les vices, avec tousles besoins, avec toutes les inquiétudes quotidiennesde ses compatriotes. Il est enthousiaste, fougueux, co-médien , généreux, léger, hâbleur, véritable fds de laFrance, cette Gascogne de l’Europe. Il parle au cœuravec le cœur, se fait comprendre et applaudir. Sa têteest une auberge que fréquentent souvent de bonnespensées, qui d’ailleurs n’y passent jamais qu’unenuit; très-souvent aussi elle est vide. Personne n’acomme Dumas l’intelligence de la scène. Le théâtreest sa véritable vocation. Il est né poète dramatique,
17 .