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ŒUVRES BT! HENRI HEINE.
comme lui encore, Victor ITugo s’entend refuser l’en-thousiasme pour l’idéal, toute portée morale et lachaleur sympathique de l’âme. Presque tous ses an-ciens amis l’ont abandonné, et pour dire la vérité,l’ont abandonné par sa faute, blessés qu’ils étaientpar cet égoïsme, très-nuisible dans le commercesocial. Sainte-Beuve lui-même n’a pu y résister;Sainte-Beuve le blâme aujourd’hui, lui qui fut jadis lehéraut le plus fidèle de sa gloire. Comme en Afrique,quand le roi du Darfour sort en public, un panégy-riste va criant devant lui de sa voix la plus éclatante :« Voici venir le buffle, véritable descendant du buffle,« le taureau des taureaux ; tous les autres sont des« bœufs: celui-ci est le seul véritable buffle! » ainsiSainte-Beuve, chaque fois que Victor Hugo se présen-tait au public avec un nouvel ouvrage, courait jadisdevant lui, embouchait la trompette et célébrait lebuffle de la poésie. Ce temps n’est plus. Sainte-Beuvevante aujourd’hui les veaux ordinaires et les vachesdistinguées de la littérature française.
Victor Hugo a de l’imagination, le pouvoir créateur,l’intuition, et de plus, un certain défaut de tact qu’onne trouve jamais chez les Français, mais seulementchez nous. Son esprit manque d’harmonie; il abonde