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ŒUVRES RE HENRI HEINE,
et tous les matériaux du drame lui appartiennent dedroit, qu’il les trouve dans la nature ou dans Schiller,dans Shakspeare, dans Galderon. Il en tire de nou-veaux effets et fond les vieilles monnaies pour leurdonner un titre agréable au cours actuel. On doit cer-tainement le remercier de voler le passé, puisqu’il enenrichit le présent. Une critique injuste, un articlequi, il y a longtemps, parut dans le Journal desDébats au milieu de circonstances déplorables, a faitgrand,tort au pauvre poète auprès de la foule igno-rante. On y démontrait la ressemblance la plus frap-pante entre une foule de scènes de ses pièces et cellesde tragédies étrangères. Rien de plus injuste que cereproche de plagiat. Il n’existe pas dans l’art desixième commandement; le poète peut prendre sesmatériaux partout où il en trouve pour ses œuvres ; illui est même permis de s’approprier des colonnesentières avec leurs chapiteaux sculptés, pourvu que letemple dont il en veut faire les soutiens devienne ma-gnifique. Goëthe l’a fort bien compris, et Shakspearelui-même avant Goëthe. Rien n’est plus fou qued’exiger d’un poète qu’il tire tous ses sujets de sonpropre fonds, parce que ce serait là l’originalité. Jeme rappelle que dans mes papiers perdus se trouvait