DE LA FRANCE.
291
price, de la vie de salon; et, pour que les amis qui mevoyaient rarement chez eux ne me trouvassent pointau théâtre, je prenais ordinairement une avant-scène,dans le coin de laquelle on peut se dérober parfaite-ment aux regards du public. D’ailleurs ces avant-scènes sont mes places favorites. De là on voit toutce qui se passe, non-seulement sur la scène, maisdans les coulisses, dans les coulisses où cesse l’art etoù recommence la belle nature. Quand une scènepathétique se représente devant nous sur les planches,et qu’on voit en même temps, derrière les coulisses,quelques coins de la vie relâchée des comédiens, cedouble aspect nous rappelle les peintures des mu-railles antiques, ou bien les fresques de la Glypto-thèque de Munich, où les cartouches des gravestableaux historiques nous offrent de plaisantes ara-besques, les riants ébats des nymphes, les baccha-nales et les idylles de satyres.
J’ai peu fréquenté le Théâtre-Français. Cette sallea pour moi quelque chose de désert, d’attristant. Lesspectres de la vieille tragédie y reviennent encore,portant le fer et le poison dans leurs mains blafardes,et l’on y respire la poudre des perruques classiques.Le plus insupportable est d’y trouver le romantisme