290 ŒUVRES DE HENRI REINE.
idées s’éveillent bien, mais pour retomber d’un autrecôté et ronfler à l’envi. Les saillies, puces du cerveauqui sautent entre les pensées endormies, ne se mon-trent pas non plus très-vives, et sont plutôt sentimen-tales et rêveuses. Est-ce l’influence printanière oule changement de vie qui produit cet engourdisse-ment? Ici, je me couche dès neuf heures sans êtrefatigué. Loin de jouir d’un sommeil robuste qui en-chaîne tous les membres, je me roule toute la nuitdans une sorte d’hallucination somnolente. A Paris, aucontraire, où je ne pouvais me mettre au lit que long-temps après minuit, mon sommeil était de fer. Jen’achevais de dîner que vers huit heures, et nous rou-lions d’ordinaire alors vers le théâtre. Le tiers, dansnotre association, était le docteur Dettmold, de Ha-novre, qui a passé l’hiver dernier à Paris. Nous avonsbeaucoup ri ensemble, beaucoup bu et beaucoupmédit. Soyez sans inquiétude, mon cher ami: vousn’avez occupé qu’une place très-flatteuse dans nosconversations ; nous vous avons toujours payé le tributd’éloges le plus empressé.
Vous vous étonnez que je sois allé si souvent auspectacle; car vous savez que cette vie n’est pas dansmes habitudes. Je me suis abstenu, cet hiver, par ca-