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ŒUVRE S DE HENRI HEINE.
moderne, qu’on laisse parfois s’ébattre sur ce sol vé-nérable , ou bien d’y voir, comme pour satisfaire à lafois les exigences du vieux et du jeune public, faireun mélange de classique et de romantisme, espèce detragique juste-milieu. Les poètes les plus novateurs,en France, sont des esclaves échappés qui traînenttoujours derrière eux un bout de la chaîne classique.Une oreille fine peut facilement distinguer à chacunde leurs pas un cliquetis comme au temps de l’em-pire d’Agamemnon et de Tahna.
Je suis bien éloigné de rejeter absolument la vieille.tragédie française. Je respecte Corneille et j’aimeRacine; ils ont laissé des chefs-d’œuvre qui se main-tiendront sur des piédestaux étemels dans le templede l’art. Mais leur temps est passé pour la scène: ilsont rempli leur mission devant un public de gentils-hommes qui aimaient à se regarder comme les héri-tiers de l’héroïsme antique, ou qui du moins nerepoussaient pas cét héroïsme avec une petitessebourgeoise. Sous l’empire encore, les héros de Cor-neille et de Racine pouvaient compter sur la plusgrande sympathie, alors qu’ils paraissaient devant laloge du grand empereur et devant un parterre de rois.Ces temps sont passés; la vieille aristocratie est morte;