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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
de savants de Facultés académiques et de poètes, pour,dans l’intérêt de leurs couronnes, agir sur le peuple.Celui-ci montra d’excellentes dispositions, lut le Mer-cure de Josepli Gœrres, chanta les chansons d’Arndt,se para du feuillage des chênes nationaux, s’arma, cou-rut, enthousiasmé, se mettre'en ligne, se laissa parlerà la troisième personne, marcha en landslurm, com-battit et vainquit Napoléon. Car, dit Schiller, les
dieux mêmes combattent en vain contre la sottise.Aujourd’hui les gouvernements allemands veulent em-ployer de nouveau leur meute. Mais les pauvres ani-maux, restés depuis ce temps toujours enchaînés dansun trou obscur, sont devenus galeux et tombés en très-mauvaise odeur, n’ont rien appris et aboient toujoursencore à leur ancienne manière : le peuple, de soncôté, a entendu pendant ce temps de tout autres ac-cents, de nobles et magnifiques accents d’égalité ci-vile, de droits de l’homme, de droits imprescriptibles;et c’est avec un sourire de compassion, sinon avec mé-pris, qu’il abaisse ses regards sur les braillards usés,les lévriers du moyen âge, les fidèles caniches et lespieux carlins de 1814.
Je ne voudrais certainement pas me faire l’écho detous les accents de 1832, et le faire pour mon compte