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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
chênes allemands; et peut-être pendant un demi-siècle, ne verra-t-on et n’entendra-t-on plus rien d’elles,jusqu’à ce que, par une belle matinée d’été, elles ap-paraissent tout d’un coup sur la place publique,grandes et fortes, pareilles à l’aigle du dieu suprêmeet la foudre dans les serres. Qu’est-ce donc qu’undemi-siècle ou un siècle tout entier? Les peuples ontassez de temps, car ils sont immortels; il n’y a queles rois qui meurent.
Je ne crois pas de si tôt à une révolution allemande,et moins encore à une république allemande : danstous les cas, je ne verrai pas la dernière; mais je suisconvaincu que lorsque nous serons paisiblement et de-puis longtemps pourris dans nos tombeaux, on com-battra en Allemagne avec la parole et avec le glaivepour la république. Car la république est une idée, etjamais les Allemands n’ont encore abandonné une idéesans l’avoir fait prévaloir dans toutes ses conséquences.Nous autres Allemands, qui, dans notre période d’art,nous sommes disputés radicalement en épuisant lesmoindres questions d’esthétique, celle du Sonnet, parexemple, nous irions, aujourd’hui que commence notrepériode politique, abandonner sans la résoudre cettequestion hier, autrement importante!