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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
le ciel lui rende sa lumière ainsi qu’à ses sujets. Chezles peuples où l’absolutisme règne encore avec toutecette sainte rigueur, ainsi que nous le voyons chezles voisins des Chinois, depuis leur frontière nord-oüest jusqu’à l’Elbe, il serait blâmable de prêcher ladoctrine des constitutions représentatives, mais il leserait autant de professer l’absolutisme dans la plusgrande partie du reste de l’Europe, où la foi au droitdivin est éteinte chez les princes et chez les peuples.
En faisant consister le caractère essentiel de l’abso-lutisme en ce que, dans la monarchie absolue, c’est lavolonté privée du prince qui gouverne, j’établis lecaractère de la monarchie constitutionnelle d’autantplus facilement en disant : Celle-ci diffère de celle-là,parce que l’institution y remplace la volonté particu-lière du monarque. Au lieu de cette volonté qui peutêtre facilement égarée, nous voyons ici une institution,un système de principes politiques immuables. Le roiest une sorte de personne morale dans le sens qu’at-tache le droit à ce mot, et il obéit beaucoup moinsaux passions individuelles de son entourage qu’auxbesoins de son peuple : il n’agit plus d’après les dé-sirs effrénés d’une cour, mais en vertu de lois bienétablies. C’est pourquoi, dans tous les pays, les cour-