DE LA F U ANGE.
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faites pour nous protéger, non-seulement contre lesautres, mais aussi contre nous-mêmes. Aussi lacroyance que leur pouvoir vient de Dieu est-elle, non-f seulement pardonnable, mais même nécessaire auxsouverains absolus. Sans une telle foi, ils seraient lesplus malheureux des hommes, eux qui, sans êtreplus que des hommes, se seraient exposés à des tenta-tions et à une responsabilité mille fois plus qu’humaine.C’est cette foi à un mandat divin qui donna aux roisabsolus que nous admirons dans l’histoire une gran-deur imposante à laquelle ne s’élèvera jamais laroyauté moderne. Ils étaient des médiateurs célestes ;il leur fallait quelquefois expier les crimes de leurspeuples; ils étaient victimes et sacrificateurs tout en-semble; ils étaient sacrés, sacer, dans le sens antiquede la consécration de la mort. Ainsi nous voyons desrois de l’antiquité qui, dans des temps de peste,donnent leur propre sang comme expiation en faveurde leurs peuples, ou considèrent les calamités pu-bliques comme une pifhition de leurs propres fautes.Encore aujourd’hui, quand une éclipse de soleilarrive en Chine, l’empereur s’effraie et recherches’il n’aurait pas appelé par quelque péché cet assom-brissement général, et il fait pénitence pour que