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ŒUVRES UE HENRI HEINE.
apprivoiser les rois farouches, de manière ce qu’ilsse prêtent volontiers à tous les jeux, à toutes les atti-tudes, à toutes les actions, comme les lions doM. Martin. Hélas ! comme celui-ci sait dompter le roides animaux en l’initiant la nuit d’une marin furtiveaux vices des hommes, pour le retrouver au jouraffaibli et docile; ainsi les courtisans ont l’art dedompter par des plaisirs énervants plus d’un roi deshommes, quand il est trop sauvage et trop ombra-geux, et ils le dominent par des maîtresses, des cui-siniers, des comédiens, de voluptueuse musique, desdanses, par toutes les ivresses des sens. Les princesabsolus ne sont que trop souvent les esclaves les plusdépendants de leur entourage, et si l’on pouvait ouïrla voix de ceux que l’opinion publique juge avec leplus de haine, on serait peut-être touché en entendantleurs justes plaintes et la révélation de ces secretsinouïs de séduction, de cet affligeant pervertissementdes plus beaux sentiments de l’homme. Il y a d’ail-leurs dans le pouvoir illimité une si effrayante puis-sance de tentations coupables, que des hommesd’une nature privilégiée peuvent seuls y résister.Celui qui n’est soumis à aucune loi est privé del’arme défensive la plus,salutaire; car les lois sont