RE LA FRANCE.
isa
toute mesure la cause elle-même. Quiconque tient àl’honneur de son nom, n’ose défendre ouvertementcette théorie, alors même qu’il la tiendrait pour ex-cellente dans sa conviction intime. Et cependant,ladoctrine du pouvoir absolu est aussi honnête, aussisoutenable que toute autre opinion politique. Rienn’est plus absurde que de confondre, comme on lefait si souvent aujourd’hui, l’absolutisme avec le des-potisme. Le despote agit arbitrairement et selon soncaprice; le prince absolu, d’après ses lumières et lesentiment de son devoir. Le caractère de la puissanced’un roi absolu consiste en ce que tout dans l’État sefait par sa volonté particulière. Mais comme il est peud’hommes qui aient une volonté particulière, que laplupart au contraire ne veulent, sans s’en douter,que ce que veut fleur entourage, c’est d’ordinairel’entourage qui règne à la place des rois absolus. C’estlà ce que nous nommons cour, et ce sont ainsi lescourtisans qui régnent dans celles des monarchiesabsolues, où les princes ne sont pas de nature troprétive, et par cela même, pas inaccessibles à l’in-fluence extérieure. L’art des cours consiste à endurcirles rois de cœur tendre, de telle sorte qu’ils devien-nent une massue dans la main des courtisans, et à