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ŒUVRES DE IIENRI HEINE.
où il râlait encore et où les vieilles femmes tirèrentleurs sabots de leurs pieds pour l’en frapper sur la têtejusqu’à ce qu’il mourût. Il était entièrement nu etcouvert de sang et de meurtrissures; on lui déchiranon-seulement ses habits, mais les cheveux, les lèvreset le nez ; puis vint un homme dégoûtant qui lia unecorde autour des pieds du cadavre et le traîna par lesrues en criant sans relâche: Voilà le cholèra-morbus!Une femme, admirablement belle, le sein découvert etles mains ensanglantées, se trouvait là : elle donna undernier coup de pied au cadavre quand il passadevant elle.
En me voyant elle sourit, et me demanda de payertribut à sa douce industrie, pour qu’elle pût acheterune robe de deuil, parce que sa mère venait de mouriril y avait peu d’heures, du poison bien entendu
Le lendemain, on apprit par les feuilles publiquesque les malheureux qu’on avait si cruellement assas-sinés étaient tout à fait innocents; et les poudres sus-pectes trouvées entre leurs mains, des chlorures, oudu camphre, ou quelque autre sorte de préservatifcontre le choléra, et que les soi-disant empoisonnésétaient morts fort naturellement de l’épidémie ré-gnante. Le peuple d’ici qui, ainsi que le peuple de