DE LA FRANCE.
127
egard par la même illusion que nous trouvons chezmadame Rolland, qui se plaint amèrement, dans sesmémoires, de ce que parmi les hommes de son temps,il n’en existe pas un qui soit remarquable? La dignefemme ne connaissait pas sa propre grandeur et neremarquait pas que ses contemporains étaient déjàassez grands, alors qu’ils ne lui cédaient rien sous lerapport de la stature intellectuelle. Tout le peuplefrançais a pris aujourd’hui une croissance si vigou-reuse que nous sommes peut-être injustes envers sesreprésentants, lesquels ne ressortent pas dans la fouleet ne méritent pas pour cela d’être regardés commepetits. Tout étant devenu haute futaie, il est impos-sible d’y distinguer les arbres isolés. En Allemagne,c’est le contraire que nous voyons : une quantitéinnombrable de taillis mutilés et de sapins rabougris,puis çà et là quelques chênes géants dont la têtetouche les nuages, tandis que de vils insectes en rongentle tronc.
Le jour d’aujourd’hui est un résultat de celui d’hier.Nous devons rechercher ce que le premier a voulu, sinous voulons savoir ce que veut le second. La révolu-tion est une et indivisible. Ce n’est pas, comme lesdoctrinaires voudraient nous le persuader, ce n’est pas