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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
remarqués, parcourir les rues, les théâtres et lesraouts de Londres. Ils réservent leurs décorations féo- jdales et autres oripeaux de cette espèce pour les fêtesde la cour et pour les anciennes cérémonies. Aussi semaintiennent-ils chez le peuple en bien plus grandrespect que nos dieux du continent, qui vont partout,et connus de tous, revêtus de leurs attributs. J’en-tendis un jour, sur le pont de Waterloo, à Londres, unjeune garçon qui disait à un autre : Hâve y ou everseen a nobleman (As-tu jamais vu un noble)? à quoil’autre répondit : No; but I hâve seen the coaeh ofthe lord mayor (Non; mais j’ai vu le carrosse du lordmaire ). Ce carrosse est en effet une caisse d’une gran-deur merveilleuse, dorée avec une richesse inouïe,fabuleusement bigarrée de toutes couleurs, avec uncocher habillé en velours rouge, raide de galons d’or,et la chevelure poudrée et serrée dans une bourse ,puis trois laquais dito auxquels la bourse de cheveuxne fait pas faute. Si donc le peuple d’Angleterre sequerelle en ce moment avec sa noblesse, ce n’est paspour l’amour de l’égalité civile, à laquelle il ne pensepas, ni de la liberté civile, dont il jouit complètement,mais seulement pour une question d’argent. La no-blesse, en possession de toutes les sinécures, de toutes
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